Changements récents aux noms d’oiseaux: Pourquoi?

Changements récents aux noms d’oiseaux: Pourquoi?

J'entends plusieurs personnes rager devant les changements de noms d'oiseaux et qui demandent pourquoi, mais pourquoi?!! Voici un article pour vous!

 

Les changements récents

Pie-grièche boréale, Busard des marais et Bruant de LeConte (en un mot), on doit s'habituer à ces nouveaux noms!

En juillet 2017, l’American Ornithologists’ Union a publié de nouveaux changements à la liste des oiseaux de l’Amérique, dont certains touchent les oiseaux du Québec. Je vous les détaille dans cet article.

Je vous explique les origines des changements qui nous concernent au Québec et leurs conséquences.

Mais d'abord, voici certaines informations utiles sur les changements de noms d'oiseaux.

 

Qui change ça?

Chaque année, l'American Ornithologists' Society ou AOS (qu'on connaît le plus souvent par son ancien nom, l'American Ornithologists'Union ou AOU) révise sa liste d'oiseaux. Parfois, cela implique des changements de nom, parfois simplement un changement dans l'ordre où sont listés les oiseaux, qui doivent l'être par ordre phylogénétique (on met les oiseaux qui se ressemblent génétiquement et physiquement ensemble).

Plusieurs changements sont effectués et publiés dans la revue scientifique The Auk. Par contre, ces articles ne contiennent pas les noms français et on doit se rendre directement sur le site internet de l'AOS pour les connaître. Les noms français  étaient régis par la Commission internationale des noms français des oiseaux jusqu'à 1993. Normand David et Michel Gosselin s'occupent désormais des noms français au Québec et la dissolution de la commission apporte parfois des disparités entre les noms utilisés en France et au Québec. (Détails à confirmer et préciser...)

 

Pourquoi?

Les noms latins sont souvent changés suite à de récents travaux qui ont étudié les traits morphologiques de l'oiseau, son plumage, son écologie et souvent son ADN. On réalise alors que deux populations d'oiseaux qu'on croyait de la même espèce sont en fait d'espèces différentes, comme ça arrive souvent pour les espèces de l'Ancien Monde (Europe et autres) et du Nouveau Monde (chez nous!).

Autrement dit, il y a des oiseaux en Europe qui ressemblent beaucoup aux nôtres. Parfois, on pense que ce sont les mêmes espèces, mais on les sépare ensuite à cause de nouvelles découvertes. D'autres fois, on pense qu'elles sont différentes et on réalise qu'elles sont en fait de la même espèce. C'est lors de ces divisions ou rassemblements que l'on change souvent les noms qu'on utilise en français.

Mais il n'y a pas que ces changements. On réalise parfois qu'un groupe d'espèces qu'on croyait semblables (même genre latin) sont en fait plus différentes qu'on pensait. On crée alors de nouvelles catégories d'oiseaux (de nouveau genres en latin). On peut aussi déplacer une espèce d'un groupe à un autre, en changeant le genre. Le plus souvent, ces changements ne touchent que le nom latin, mais ça arrive qu'on change aussi le nom français.

INFO ! Composition d'un nom latin : Genre espèce, par exemple Lanius borealis, qui est la Pie-grièche boréale. Le genre est le premier mot et l'espèce est le deuxième mot, en latin.

 

Les noms anglais ne changent pas eux!

Les noms anglais changent parfois, mais plus rarement que les noms français, oui. Nos noms français suivent plus étroitement l'évolution des connaissances scientifiques. Donc, par exemple, deux espèces différentes d'Europe et d'Amérique auront deux noms différents en français, mais elles peuvent avoir un seul nom en anglais.

En anglais, on conserve le plus souvent le même nom. On doit donc faire référence au nom latin pour savoir si deux espèces semblables sont considérées de la même espèce ou non.

Donc, ça a l'air bien pratique de ne pas changer de nom comme ça, mais en fait, on parle tous un même langage et un langage clair en français. Pas besoin d'utiliser le latin et on sait exactement de quoi on parle!

Allez, ce n'est pas si compliqué, il n'y a que quelques petits changements par année ces années-ci! 🙂

 

CHANGEMENTS DE NOMS RÉCENTS

1-Les récents changements de noms français

En juillet 2017, trois noms d’oiseaux ont changé en français, dont deux changements importants et un mineur, mais utile à savoir.

Le Busard Saint-Martin devient Busard des marais.

La Pie-grièche grise devient Pie-grièche boréale.

Le Bruant de Le Conte devient le Bruant de LeConte.

La Paruline polyglotte, une espèce qui se retrouve rarement au Québec, change de nom pour Ictérie polyglotte.

 

La Pie-grièche boréale et le Busard Saint-Martin

L’origine des changements de nom de la pie-grièche et du busard est la séparation des espèces d’origine, qui existent toujours dans l’Ancien Monde. Leur nom latin a donc changé et un changement de nom français a suivi pour indiquer clairement qu’il s’agit de différentes espèces en Europe et chez nous. Par contre, les noms anglais n’ont pas changé.

Le nom Pie-grièche grise est toujours utilisé et désigne l’espèce maintenant séparée, qui vit en Europe, en Asie et dans le nord de l’Afrique. Notre Pie-grièche  boréale serait plus près de la Pie-grièche migratrice  (L. ludovicianus -- Loggerhead Shrike), une espèce menacée que l'on retrouve dans le sud du Québec, de la Pie-grièche méridionale (L. meridionalis -- Southern Gray Shrike) et de la Pie-grièche géante (L. sphenocercus -- Chinese Gray Shrike) que de celle à laquelle on l'associait avant (Pie-grièche grise, L. excubitor). Toutes ces pies-grièches se ressemblent beaucoup en terme de plumage, mais l'analyse poussée du plumage et de l'ADN mitochondrial a mené à ces conclusions et au changement de nom.

Le nom Busard Saint-Martin est aussi toujours utilisé dans l’Ancien Monde, soit l’Europe, l’Asie et le nord de l’Afrique. Notre Busard des marais a été séparé de celui-ci sur les bases de différences de morphologie, de plumage et d’habitat de nidification, ainsi que de différences entre d’autres espèces de ce genre (Circus). Le nom anglais demeure Northern Harrier selon le site de l'AOS, mais il porte désormais le nom de American Harrier sur Avibase, le site auquel l'AOS nous reporte pour plus de détails sur l'espèce. Alors, j'avoue que je suis un peu mélangée.

D'où proviennent les nouveaux noms français? Les observateurs plus âgés le savent. Ce sont les anciens noms qu'on utilisait jusqu'en 1944, avant qu'on les joigne aux espèce d'Europe! Donc, si vous avez un vieux livre, il se peut bien que ces espèces aient leurs noms actuels, mais attention par contre à tous les autres changements qui ont été faits sur les autres espèces depuis! (J'ai l'intention d'éventuellement faire un autre article sur les anciens changements de noms, à suivre!)

Circus hudsonius -- Northern Harrier (ou American Harrier?) -- Busard des marais (faisait partie de Circus cyaneus --Busard Saint-Martin)

Lanius borealis -- Northern Shrike -- Pie-grièche boréale (faisait partie de Lanius excubitor -- Pie-grièche grise)

 

Le Bruant de LeConte

Le Bruant de LeConte a subi un changement mineur pour corriger l’orthographe du nom propre qu’il contient, soit LeConte, qui s’écrit en un seul mot. Le nom provient de l’entomologiste John Lawrence LeConte, dont on a donné le nom à l’oiseau. Dans ce cas, pour une rare fois, le nom anglais a aussi été changé pour la même raison. Le nom latin demeure le même.

Ammodramus leconteii -- LeConte’s Sparrow -- Bruant de LeConte  (était Bruant de Le Conte -- Le Conte’s Sparrow)

 

L'Ictérie polyglotte

Celle que l'on appelait la Paruline polyglotte n'est désormais plus considérée comme une paruline. Je vous dirais que je trouve ça assez logique. Je me suis toujours demandé ce qu'elle avait d'une paruline. Beaucoup plus grosse que les autres et avec un bec beaucoup plus fort, il ne restait pour moi que sa forme générale et sa coloration éclatante pour la rapprocher des parulines.

En tout cas, c'est chose faite, grâce à des recherches sur sa génétique (son ADN mitochondrial), on l'a retirée de cette famille. On l'appelle maintenant Ictérie polyglotte, ce qui rapproche son nom français du nom latin, Icteria virens, qu'elle avait déjà.

La différence, c'est qu'elle n'est plus considérée comme étant dans la faille des parulidés, mais dans celle des Ictériidés, dont elle est la seule membre. Ce nom est à ne pas confondre avec la famille des Ictéridés (famille des quiscales et des orioles entre autres), dont le nom est très semblable. L'ictérie serait quand même assez proche des ictéridés pour qu'on la classe juste avant cette famille dans la liste phylogénétique.

Icteria virens -- Yellow-breasted Chat -- Ictérie polyglotte (était Paruline polyglotte)

 

2-Les changements de nom latin seulement

Des changements de nom latin ont eu lieu pour les oies et des canards. Les voici.

 

L'Oie des neiges et l'Oie de Ross

Les genres en latin  (premier mot du nom latin) de l’Oie des neiges et de l’Oie de Ross ont été changés. Ils étaient Chen et sont maintenant Anser.

Ce changement est le résultat d’une fusion des trois genres Chen, Procelsterna et Mesophoyx avec les genres déjà existants Anser, Anous et Ardea. Nos oies sont maintenant dans le genre Anser, ce qui devrait nous simplifier la vie.

Il s’agit du même genre que les autres oies, dont l’Oie rieuse, une rareté relativement fréquente chez nous, et l’Oie cendrée, celle qui est souvent en élevage chez nous. De leur côté, les bernaches, comme la Bernache du Canada, ont leur genre séparé, soit Branta.

Anser caerulescens -- Snow Goose -- Oie des neiges  (était Chen caerulescens)

Anser rossii -- Ross’s Goose -- Oie de Ross  (était  Chen rossii)

 

Des canards et des sarcelles

Canard souchet mâle

Quatre de nos canards ont changé de noms latins eux aussi. La Sarcelle à ailes bleues et le Canard souchet sont passés du genre Anas au genre Spatula. Le Canard chipeau et le Canard d’Amérique sont passés du genre Anas à Mareca.

Ce changement, contrairement à celui des oies, est dû à la séparation de genres existants en davantage de genres. Cette séparation a été faite sur des bases de différences génétiques publiées en 2009. Anas serait en fait constitué de quatre genres différents, soit Sibirionetta, Spatula, Mareca et Anas.

Ce changement dérange un peu plus nos habitudes, car le genre Anas regroupait beaucoup de canards, maintenant quatre de moins, cinq si on inclut l’occasionnel Canard siffleur (maintenant Mareca penelope), qui nous arrive parfois d’Europe.

De plus, le genre Anas inclut toujours la sarcelle d’hiver, qui n'a pas changé de nom. Nos deux sarcelles sont donc maintenant dans deux genres différents. Je ne sais pas si ça se fera, mais ça sent un futur changement de nom français, qui n'a pourtant pas été fait. La Sarcelle d'été, qui est en Europe et en Asie, serait donc plus proche de notre Sarcelle à ailes bleues, car elle a reçu le même changement de nom.

Spatula discors -- Blue-winged Teal --  Sarcelle à ailes bleues  (était Anas discors)

Spatula clypeata -- Northern Shoveler -- Canard souchet (était Anas clypeata)

Spatula querquedula -- Garganey -- Sarcelle d’été (rare)  (était Anas querquedula)

Mareca strepera -- Gadwall -- Canard chipeau (était Anas strepera)

Mareca americana -- American Wigeon -- Canard d'Amérique (était Anas americana)

Mareca penelope -- Eurasian Wigeon -- Canard siffleur (rare) (était Anas penelope)

 

On corrige maintenant!

Il suffit de noter ces quelques changements dans votre livre d'identification préféré et de les utiliser dans vos communications quotidiennes. Le transfert se fera comme enchantement! Haha!

Les programmes comme eBird ont déjà changé leur nomenclature, donc vous devez dès maintenant utiliser les nouveaux noms!

Ne faites pas comme moi, qui me suis toute mélangée quand j'aurais dû entrer le Busard des marais pour la première fois dans eBird et que j'ai essayé à tout prix de trouver un moyen d'entrer un Busard Saint-Martin!!! Oups! Je n'avais pas encore vu le changement de nom! On s'adapte et on continue notre beau loisir!

Photos de l'article : Mireille Poulin

Vos commentaires et questions sont les bienvenus ci-bas! 🙂

Abonnez-vous à l'infolettre pour recevoir  les nouvelles de Go oiseaux par courriel!

 

 

Commentaires ( 23 )

  • Andy

    Bonjour

    En tant que français, je trouve ça parfaitement normal que tous les pays d’une même langue s’alignent sur les noms. Il est également nécessaire et obligatoire que les noms soient normalisés unique pour chaque espèce pour une meilleure cohésion car si un seul oiseau porte plusieurs noms et que chacun y va de son propre nom, cela apportera plus de confusion que de compréhension. De plus, si deux familles ont le même nom (par exemple mésange) et qu’on se rend compte via les analyses génétiques qu’elles n’ont aucune relation étroite entre elles, il n’est plus question que l’une des deux familles porte ce nom de mésange car sinon on perd toute notion et concept de ce qu’est un nom vernaculaire.

    Si je dois citer quelques exemples, il est hors de question désormais que les Aegithalidae portent le nom de mésange puisque cette famille est très éloignées sur le plan phylogénétique, il faut appeler cette famille Orite. De même que les bruants américains (Passerellidae) qui ne doivent plus être nommés bruant mais autrement (Tohi, Spizelle, Ammodrame, ce que vous voulez sauf bruant) quand bien même cette famille est apparentée aux Emberizidae.

    Certes la CINFO n’existe plus mais ça ne remet pas en cause le caractère officiel des noms introduits ou réintroduits car c’est désormais HBW, Avibase et IOC qui servent d’autorités et ce sont les noms établis par eux qui doivent être appliqués à l’échelle mondiale pour tous les pays d’une même langue (française, anglaise, espagnole etc..)

    Il faut que les pays francophones tels que la France ou la Belgique cessent d’être capricieux en continuant à adopter une nomenclature désuète qui ne tient pas compte des études récentes.

    Merci

  • Richard blanchet

    Je trouve tout à fait déplorable que l’on se fasse dire par un autre pays, notamment la France, comment nommer nos oiseaux. Il est tellement rafraichissant d’entendre des gens de différentes régions nommer un même oiseau d’une différente façon. Maintenant on veut tout « normaliser » et ça se fait au détriment des pays qui se font changer les noms de leurs oiseaux par d’autres pays qui leur imposent leurs noms locaux qui n’ont souvent aucun sens et aucune signification ici. Au Canada/Québec, nous avons des noms propres à notre territoire et souvent empruntés/traduits de l’Anglais, ce qui est normal dans un contexte Nord-Américain, ce qui n’est pas le cas en France.

    Quand on change nos noms d’oiseaux qui sont souvent descriptifs et logiques et surtout qui ont une valeur sentimentale et même historique, pour des noms qui n’ont aucun rapport descriptif, sentimental et/ou historique avec nos espèces d’ici, je trouve qu’on se laisse faire et avoir et pas juste un peu. Il me semble que nos associations d’ornithologues devraient faire en sorte de garder nos noms d’oiseaux qui sont à nous et qu’il n’y a que les Québécois et les Canadiens qui devraient décider de les changer eux-même ou non. Quand on pense au huart à collier, qui venait de Common loon en Anglais et qui avait une forte valeur sentimentale et historique pour nous, et qui a été changé pour Plongeon imbrin. Plongeon imbrin!?! Non mais cossé qu’ça mange en hiver et pourquoi adopter ce nom qui ne nous dit absolument rien ici au Canada/Québec? Si au moins c’étaient nos ornithologues qui l’avaient nommé… mais non, il s’agit du nom que les Français leur donnent chez eux et qu’ils ont réussi à nous imposer. Et je n’ai rien contre les Français, j’ai d’excellent amis Français, mais ceux qui nous imposent leurs noms d’oiseaux par contre… Et le Busard des marais ou Marsh hawk, un nom qui le décrit si bien et si facile à retenir et lui aussi a été changé en Busard St-Martin et ils nous ont imposé ce nom ridicule, surtout qu’il n’y a même pas de St-Martin ici et finalement c’est revenu à Busard des marais, YES!!! ! Et que penser du Turkey vulture ou Vautour à tête rouge (car il a la tête rouge) dont le nom a changé pour Urubu à tête chauve!?! Vraiment? Il a la tête chauve comme le Vautour (Urubu) noir mais sa tête est rouge et c’est ce qui le caractérise le plus, de près et de loin, alors Urubu à tête chauve=foutaise! Quand le genre et/ou l’espèce changent ok mais quand on se fait imposer des noms par d’autres pays, et surtout des noms qui ne sont pas aussi descriptifs et/ou à valeur sentimentale et/ou historique que nos vieux noms d’oiseaux adorés, alors je dis non et je crois que la plupart des gens sont d’accord avec ceci. Ayons l’intelligence de garder nos noms d’oiseaux et de ne pas nous laisser imposer une nomenclature étrangère qui ne nous dit absolument rien. Et surtout n’ayez pas honte de nommer les oiseaux comme vous les avez appris, c’est beaucoup plus intéressant que la plupart des nouveaux noms et c’est certainement plus romantique aussi!!! Merci et bonnes sorties d’ornithologie!🌎🌈🐝🐔

    • Il serait mieux vous informer avant de décider de faire une montée de lait. Les noms qu’on utilise ici sont choisis par des québécois, comme indiqué dans le texte. Plongeon imbrin?? Non, on l’appele Plongeon huard. Urubu à tête chauve?? Non, on l’appelle Urubu à tête rouge. Vous pouvez donc demeurer romantique. 😉

    • Pierre

      D’accord sur toute la ligne. Je ne m’occupe pas de ces changements de nom. Ceux-ci surviennent à une fréquence telle qu’il est permis de se demander si certains veulent justifier leur job… Je continue de les nommer comme je les ai appris. D’ailleurs, en anglais, même si un nom est « génétiquement erroné », il demeure le même. En plus, ils se permettent des noms « onomatopéïques » basés sur le chant: chickadee ! Un raton laveur n’est pas un rongeur. Devrait-on le renommer ? Le nom scientifique est là pour ça ! Je ne vois pas pourquoi les oiseaux sont traités différemment. Un bec-scie demeure pour moi un bec-scie. Même chose pour un gros-bec à poitrine rose. Je m’en balance s’il est génétiquement pus près d’un cardinal. S’il s’en trouve pour qui ça a de l’importance, qu’ils apprennent le nom scientifique !

  • Denis Emond

    Où pourrais-je trouver une liste de noms d’oiseaux du Québec à jour. En ce moment, je ne sais plus si la Sarcelle d’hiver est encore le bon nom utilisé au Québec ou si c’est Sarcelle à ailes vertes. Merci

  • Tracy

    Bonjour Mireille,
    Je viens de trouver ton blogue. Génial. Quoiqu’ayant grandi au Québec, et y ait fait mon premier cours d’ornitho, ma vie d’oiseaux a débuté en anglais au Yukon. Oui, c’est frustrant ces changements de noms. J’haïs surtout quand on se ramasse avec des nom de pays dans nos noms d’oiseaux, je m’ennuis du Jaseur des cèdres, ça nous sert à quoi au Canada un Jaseur d’Amérique, d’une mésange de Gambel, ou le Mésangeai du Canada, ou d’un Canada d’Amérique, tellement frustrant, ou la disparition du Huard, alors que les noms en anglais on souvent beaucoup plus de bon sens, ont une durabilité.
    De tous les ornithologues que je vois en voyage, ils préfèrent utiliser les noms anglais, car ils restent.
    Merci d’expliquer le raisonnement justifiant certains des changements, mais je crois que les ornithologiques devraient se battent plus fort contre ces éternels changements.

    • Merci pour votre opinion.
      Les oiseaux qui ont d’Amérique dans leur nom sont normalement des oiseaux dont le nom original est le même que celui d’un oiseau semblable en Europe. Une fois que les scientifiques prouvent que ce n’est pas le même, on lui donne parfois un nom avec d’Amérique pour les distinguer. Les oiseaux avec du Canada dans leur nom ont normalement une répartition très clairement canadienne, c’est à dire qu’elles sont peu présentes aux États-Unis, pendant la nidification du moins. La répartition typiquement canadienne devient alors une caractéristique importante de l’espèce, suffisamment pour l’inclure dans son nom.
      Aimer ou non ces noms propres dans les noms, c’est une question de goût. Mais vous devez savoir que c’est aussi présent en anglais, comme l’American Robin, l’American Crow et la Canada Goose par exemples. Le Gray Jay s’appelle aussi maintenant Canada Jay. Sans compter les nombreux autres noms comme Carolina Wren ou Virginia’s Warbler, qui ne désignent même pas leur répartition géographique…
      Les noms anglais sont souvent utilisés en voyage parce que les livres ne sont souvent offerts qu’en anglais, en plus de la langue locale. Ça devient plus facile d’utiliser les noms qui sont directement dans le livre que de tout traduire le livre dans sa propre langue avant le départ, bien que certains aient la patience de le faire. Aussi, si on rencontre des gens d’un autre pays pendant le voyage, ça devient pratique pour communiquer, car on le sait, l’anglais s’impose souvent lors de ces rencontres pour toute la conversation, pas juste pour les noms d’oiseaux.
      Les changements récents de noms français, comme vous l’avez lu, suivent les changements de noms latins. Personnellement, j’aime bien que les noms français suivent le latin, alors on a une meilleure idée de ce qu’est l’oiseau en réalité, car avoir à regarder le nom latin pour savoir ce qu’est l’oiseau en fait, ça m’achalerait. Mais c’est mon opinion. On peut aussi préférer la stabilité, au risque de se dissocier de ce qu’est l’oiseau selon les nouvelles connaissances. C’est un autre point de vue.
      On choisit aussi ses batailles. Je préfère personnellement mettre mon énergie sur la cause de la sauvegarde des milieux naturels. Chacun ses priorités.
      Heureuse que vous appréciez mon blogue. Au plaisir de vous relire. 🙂

  • Réal Boulet

    Bonjour Mireille,
    je m’intéresse particulièrement à l’histoire ornithologique du Québec. J’aimerais connaitre la source que vous avez utilisée pour élaborer la liste des changements récents en français. Est-ce tout simplement ebird?

    • Voir les sections Les changements récents, qui contient la référence des changements pour 2017, et Qui change ça, pour la référence pour les noms français. 🙂

      • Réal Boulet

        Merci, j’ai retracé tous les changements depuis la 7e Édition en 1998 suivi des suppléments de 2000 à 2018.
        Pour les listes avant cette époque j’ai référé à
        Linné, 1766
        Vieillot, 1807
        LeMoine, 1861
        Provancher, 1874
        Dionne, 1883, 1889, 1906
        Macoun, 1915
        Taverner, 1922
        Godfrey, 1972
        Ouellet, 1990
        Devilliers, 1993 avec
        David-Gosselin

  • Marc B.

    Quelques petites erreurs factuelles dans le texte. Notamment, la CINFO n’existe plus depuis sa publication de 1993… Les noms français sont déterminés par Normand David et Michel Gosselin. Par contre, les ornithologues français semblent suivre leur propre nomenclature.

    • Ah, merci. J’aurais dû appeler Normand pour ce gros détail. Je vais corriger.

  • Carole Simard Magnan

    Encore des changements….
    Très Intéressant à savoir!
    Merci de nous le partager!

  • Josée

    Merci Mireille.
    Très éclairant cet article.
    Je me rappelle que lorsque j’ai commencé à découvrir la variété d’oiseaux qui m’entourait, je devais avoir environ 14 ans, les parulines s’appelaient des fauvettes…

    • En effet, les fauvettes ont changé pour parulines parce que fauvette est le nom d’oiseaux semblables au parulines en Europe, mais on a réalisé qu’elles n’avaient pas de lien avec nos oiseaux, alors on a dû trouver un nouveau nom. 🙂

  • Merci! Très intéressant! En passant, quand j’ai commencé à m’interesser aux oiseaux -il y a 50 ans - on nommait le Busard des Marais, la Pie-grièche boréale...

    Merci! Très intéressant! En passant, quand j’ai commencé à m’interesser aux oiseaux – il y a 50 ans – on nommait le Busard des Marais, la Pie-grièche boréale…!

    • En effet, ils sont revenus à leurs anciens noms. 🙂

  • Manon Ouellet

    Merci Mireille.
    Je suis particulièrement heureuse pour le Busard des marais.
    Bonne fin de janvier.

  • Denis Collins

    Très intéressant et bien expliqué !

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 

s2Member®