Étrangetés ornithologiques

Nouvelle page! Vous retrouverez ici des textes très brefs sur des  comportements qui sortent de l'ordinaire ou d'autres observations spéciales sur les espèces d'oiseaux du Québec. Amusez-vous bien!

2 mars 2017
Un cardinal moitié-moitié!

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Cardinal rouge gynandromorhpe, Illinois. Peer et Motz

Vous ne rêvez pas et ce n'est pas un trucage! Ce Cardinal rouge très particulier a été observé sur une période de plus d'un an près de mangeoires en Illinois (2008-2010). La moitié de son corps présentait les couleurs du mâle et l'autre moitié, celles de la femelle!

Il ne s'agit pas ici d'albinisme partiel, qui ne couperait pas nettement à la moitié du corps, mais plutôt de gynandromorphisme bilatéral (ou bipartite). Autrement dit, les cellules présentent des traits mâle ou femelle selon leu côté du corps. Cette anomalie a le plus souvent été rapportée pour les insectes, mais est aussi connue chez les oiseaux et les crustacés entre autres. Parfois, elle est plutôt en mosaïque, les cellules de chacun des sexes étant distribuées aléatoirement sur le corps.

L'oiseau n'a jamais été vu en train de chanter. Aucun autre individu de son espèce n'a non plus adopté de comportement de confrontation (comportement territorial par exemple) envers lui lors des observations. Les observations effectuées auprès de cet oiseau, sur 40 journées, sont les plus élaborées qu'on a eues avec un oiseau gynandromorphe en liberté!

Source : Brian D. Peer and Robert W. Motz, 2014. Observations of a Bilateral Gynandromorph Northern Cardinal (Cardinalis cardinalis), The Wilson Journal of Ornithology 126(4):778-781.

 

26 février 2017
Un printemps plus qu'hâtif!

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Carouges à épaulettes et Quiscales bronzés, saint-Étienne-de-Beauharnois, 26 février 2017, Brigitte Perras.

On rapporte l'arrivée d'oiseaux migrateurs dans le sud du Québec, comme des Carouge à épaulettes, des Quiscales bronzés, des Merles d'Amérique, des Buses à queue rousse, une Buse à épaulettes, depuis quelques jours, avec les temps particulièrement doux. Des Moucherolles phébis auraient même été entendus à Laval! en 1992 et 2010, la date la plus hâtive de cette espèce était le 15 mars (P. Bannon)! Même une Hirondelle bicolore a été vue sur l'île de Montréal aujourd'hui (Y. Gauthier)! Pour certaines espèces, cette avance d'au moins deux semaines peut aller, mais pour les insectivores comme l'hirondelle et le moucherolle, qui devraient arriver en avril, c'est plus inquiétant puisqu'ils risquent de ne pas trouver assez de nourriture pour survivre si la température baisse de nouveau.

D'un point de vue évolutif, les oiseaux tentent de revenir le plus tôt possible pour se reproduire le plus tôt possible, ce qui leur donne plus de temps pour réussir leur couvée. Le temps doux des derniers jours a donné le signal de départ pour plusieurs oiseaux. Peut-on se fier à eux que notre printemps est arrivé ou le froid reviendra? On ne sait trop. Est-ce que le printemps hâtif est dû aux changements climatiques? En partie, probablement, mais il ne faut pas oublier qu'il y a toujours d'importantes variations d'une année à l'autre, même si celle-ci est particulièrement marquée. Les années suivantes nous diront si c'était une simple variation ou pas.

Ajouts : Aigle royal immature dans le Pontiac le 27 février (S. Audy), autre Aigle royal à Hemmingford le 27 février (M. Lumina).

Sources : Madeleine Ouellet (groupe Facebook Discussions Go oiseaux), Rina Jourdain (groupe Facebook Ornithologie du Québec, 25 février), Guillaume Charette (Ornith. du Qc, 26 février), Annie-Claude Tremblay (Ornith. du Qc, 26 févier), Brigitte Perras (Ornith. du Qc, 26 février). Yves Gauthier (eBird, 26 février), Simon Audy (Ornith. du Qc, 27 février), Maude Lumina (Ornith. du Qc, 27 février), Pierre Bannon (blogue Le miroiseur informé) .

 

Février 2017
Des Fuligules à tête rouge élevés en captivité en Europe

(En attente de permission pour la photo.)

J'ai appris ce mois-ci que l'on élève des Fuligules à tête rouge en Europe! Cette espèce ne vit naturellement qu'en Amérique du Nord, donc, quand les ornithologues en voient un dans la nature en Europe, ils se demandent deux choses : Est-ce que ce ne serait pas plutôt l'espèce équivalente en Europe, le Fuligule milouin? Celui-ci n'a pas de blanc au bec et montre des différences dans les ailes aussi. Deuxième question : Est-il d'origine naturelle ou captive? On essaie alors de voir si l'oiseau est bagué. Il y a plus de chances qu'un oiseau bagué soit issu de captivité, étant donné les faibles chances qu'un oiseau sauvage traverse l'Atlantique. La question que ça soulève pour le Québec : Est-ce qu'on élève des Fuligules milouins au Québec?...

Source : Stéphane Umhang et commentateurs (groupe Facebook Ornithologie - Identifications & Partage 20 février)

 

Février 2017
Une chouette végétarienne?

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Chouette rayée, Québec, janvier 2017, Denis Emond

À Québec, une Chouette rayée a pris l'habitude d'aller se nourrir de clémentines dans la mangeoire pour les oiseaux. Cette espèce est normalement carnivore, comme on le sait, et n'a pas non plus l'habitude de fréquenter les postes d'alimentation, sauf peut-être pour y trouver des proies! Sur internet, on l'a affectueusement baptisée Clémentine. Trop mignon comme nom de chouette!

À la base, les fruits de la mangeoire (raisins rouge et verts, bleuets et clémentines) n'étaient pas destinés à la chouette, bien sûr, mais aux oiseaux de passage. Un jour, les fruits avaient tous disparu de la mangeoire. À partir de ce moment, la personne a remis des fruits et s'est mis à observer la mangeoire plus souvent. Un bon matin, enfin, la chouette  a été surprise en flagrant délit, en train de subtiliser les fruits! Elle a continué comme ça pendant plusieurs matins, puis a adopté un arbre pour s'y percher.

Un jour, quand il n'y avait pas de fruits, la chouette s'est approchée de la maison et a cogné dans la vitre avec son bec en faisant du sur-place! «Hé, viens mettre des fruits!» Haha, la gourmande! Ce comportement est souvent observé chez les oiseaux de mangeoires, mais la chouette n'en fait normalement pas partie!

Étrangement, la chouette semblait même prendre plaisir à observer l'habitant de la maison en allant dans un perchoir en avant de la maison lorsqu'il sortait pour partir en auto!

Malgré qu'elle mange des fruits, bien sûr, la chouette n'est pas vraiment végétarienne. Elle s'est souvent absentée de la cour pour aller de chasser. Une boulette de régurgitation, a même été retrouvée près de la mangeoire (probablement les restes d'un junco).

La chouette a été observée une quarantaine de jours, mais n'est plus présente en ce moment. La période de nidification qui débute l'a probablement ramenée à son habitat plus sauvage pour s'accoupler. À la prochaine, Clémentine!

Source : Denis et Francine B. Emond (groupe Facebook Ornithologie du Québec, 22-23 février)

 

Février 2017
Un Tohi tacheté qui n'a pas peur du froid!

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Tohi tacheté, Saint-Mathieu-de-Rioux, 20 février 2017, Lise Dionne

Un Tohi tacheté est présent depuis le 2 décembre 2016 aux mangeoires de Mme Lise Dionne, à Saint-Mathieu-de-Rioux, au Bas-Saint-Laurent. Il a été bien nourri tout l'hiver, a passé au travers des grands froids et est toujours là à la fin février 2017! Il est bien parti pour passer au travers de l'hiver, surtout étant donné le printemps hâtif!

Cette espèce est semblable au Tohi à flancs roux, qui vit au Québec, mais qui est rendu assez rare. Le Tohi tacheté a le dos tacheté de blanc, ce qui n'est pas le cas pour son équivalent. Le Tohi tacheté vit normalement dans l'ouest du pays et migre vers le sud l'hiver.

Source : Lise Dionne (groupe Facebook Nature KRTB, 20 février)

 

 

 

Février 2017
Des Plectrophanes des neiges s'installent confortablement dans des trous qu'ils ont creusés dans la neige d'un toit penché

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Plectrophanes des neiges, Nouveau-Brunswick, Barb Barton

 

Le 8 février 2017, à Grand Lake, Nouveau-Brunswick, Barb Barton prenait en photo un groupe de Plectrophanes des neiges sur  sont toit. Mais cette fois, il avaient fait quelque chose de spécial. Les oiseaux ont chacun creusé un trou dans la neige pour s'y installer confortablement, dans la pente du toit! C'est probablement pour s'isoler du froid ou du vent et peut-être bien aussi pour mieux tenir sur la pente. Bien que l'on sait qu'ils peuvent s'ensevelir dans la neige, il est rare d'observer des trous sur un toit!

Source : Barb Barton (groupe Facebook Birding NB Oiseau NB, 9 février)

 

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Les photos de ce site ont toutes reçu la permission d'être publiées ici de la part de leur auteur.

Commentaires ( 28 )

  • Sylvie Dionne

    Bonjour. J’ai observé ce moucherolle Phébi avec un ventre tout noir. Qu’est-ce qui explique cela ? Merci

    • Oh, je vois que les plumes du ventre sont très usées et c’est ce qui explique la couleur beaucoup plus foncée du ventre, causée par base des plumes et le duvet de cette espèce qui sont vraisemblablement gris foncé. Mes hypothèses : Soit les plumes ont été usées prématurément à cet endroit, soit la mue ne s’est pas faite au ventre, une zone étant non prioritaire pour la mue pour la survie de l’oiseau. Étant donné la coupure nette au cou, j’opte plus pour une mue qui ne s’est pas faite. Maladie, carence alimentaire, je ne sais trop. Merci pour cette photo d’un plumage étrange, en effet. 🙂

      • Sylvie

        Merci pour la réponse. Nous essayerons de voir si sa progéniture aura cette caractéristique ou non. Encore Merci

  • Francis

    Ma question ….le Plectrophanes des neiges ….est ce que c’est le même oiseau que le bruant des neiges………..Merci………Francis.

    • Merci pour votre question. En effet, c’est la même espèce. Le Bruant des neiges a changé de nom pour Plectrophane des neiges quand on a réalisé que ce n’est pas vraiment en bruant. Même chose pour le Bruant lapon, qui est devenu Plectrophane lapon. 🙂

  • Carole Dionne-Audet

    ÉTRANGETÉ ???

    MÉSANGE LEUCIQUE ou LEUCISTIQUE – Centre de la Nature du Lac Boivin de Granby, septembre 2016

    Cette petite mésange à tête noire souffre de leucisme, une maladie que l’on confond souvent avec l’albinisme à la différence que celle-ci n’a pas une décoloration totale de sa pigmentation, mais seulement des couleurs diluées, et par l’absence de yeux rouges.

    Si le nombre de ce phénomène peu courant semble avoir augmenté ces dernières années, il est plutôt attribué à la popularité grandissante de l’observation des oiseaux, à l’avènement du numérique et des divers réseaux sociaux. Ces trois facteurs font en sorte que de plus en plus d’espèces, dites leuciques ou leucistiques, sont observées, photographiées et publiées.

    2016-09msangeleucique-CNLBGRANBY03

    • Merci pour votre commentaire et cette mésange bien spéciale! 🙂

  • Jean Soucy

    22 Février 2017

    Un Pic qui n’a pas besoin de lunette de protection.

    Lors d’une récente sortie ornithologique, je retrouve ce Pic chevelu(mâle) à sa mangeoire Je prends quelques photos en mode rafale, et lors du visionnement, je découvre sur son œil une membrane un peu curieuse.

    Après avoir fait quelques recherches (merci Google) je vous fais part de cet article très intéressant.

    « le pic bois possède un mécanisme particulier lui évitant des blessures aux yeux. En effet, ce processus consiste à éviter les détachements et les hémorragies internes de la rétine. Cependant, il n’a pas encore été objet d’étude, bien que ses composantes probables soient connues. Ainsi, l’œil du pic-bois possède une membrane spéciale, appelée membrane nictitante, ayant pour fonction de se refermer juste avant l’impact du bec avec le tronc d’arbre, et qui aurait pour but de protéger l’œil des débris de bois produits lors de la frappe.

    Cette membrane contribuerait aussi au maintien de l’œil dans sa cavité, sans quoi, sous la puissante force à laquelle il est soumis, pourrait être éjecté hors de l’orbite. En plus de ces multiples caractéristiques, les chercheurs soupçonnent également une protection supplémentaire qui protégerait l’œil des impacts que celui-ci pourrait subir dans sa cavité. En effet, la choroïde de l’œil, c’est-à-dire la membrane interne qui tapisse la partie arrière de ce dernier, contiendrait des mucopolysaccharides, une protéine spécifique, qui lui conféreraient une souplesse permettant son plus grand amortissement lors du tambourinage.

    Par ailleurs, durant les périodes de frappe, la pectine, une substance colloïdale gélifiante dans le sang, serait responsable de la hausse de la pression sanguine intraoculaire, ce qui permettrait d’éviter les dommages à la rétine. »

    Source : Un chercheur retombe toujours sur ses pattes. Recueil d’articles scientifiques.
    Collège André-Gosset, promotion 2008-2010. Article par : Alexandre Sauve.
    Chercheur : Ivan R Schwab, UCLA

    P1020101

  • Lise Dionne

    Merci Mireille, ce bulletin est très intéressant et nous renseigne sur l’activité de certains oiseaux, j’ai beaucoup aimé le lire ! Bonne continuité !

    • Ça me fait plaisir! Merci pour votre contribution! 🙂

  • Vincent Therriault

    Autre étrangeté pour ma part : Un couple de merle est demeuré en permanence tout l’hiver dans le quartier.
    Je les ai moi-même aperçus à quelques reprises et leurs petits cris m’ont fait croire que ce ne devait pas être
    chaud chaud lorsqu’il a fait si froid.
    Je me demande bien de quoi ils se nourissent!
    Je ne les ai jamais vus aux mangeoires ni par terre.
    Depuis quelques jours leurs cris reprend de la vigueur tout de même.
    C’est tout à fait étonnant car en presque 60 ans de vie sur cette terre, il s’agit d’un phénomène nouveau pour moi
    que je tenais à partager avec vous.

    • Oui, de plus en plus, les merles restent l’hiver. Vous habitez dans le coin de Montréal, une région où il y en a beaucoup, car c’est dans le sud du Québec. Il est donc rendu assez fréquent d’en voir l’hiver dans la région.
      C’est sûr qu’ils ne peuvent pas manger les vers de terre tant appréciés l’été, d’où votre interrogation. L’hiver, les merles se nourrissent surtout de baies, comme les Jaseurs boréaux par exemple. Contente de voir qu’ils commencent à se dégeler le moral!

      • Vincent Therriault

        Merci pour votre commentaire. Moi-même et tout mon entourage croyaient bien que ce non départ vers un sud plus sud était une première !
        Mais comme on arrête pas le progrès !
        Autre petit fait cocasse avant de terminer: Des Juncos aux mangeoires de chardon et de graines
        de tournesol plutôt que par terre à grapiller les restes, je n’avais jamais vu cela non plus …
        Probablement que le meilleur reste à venir !
        Bonne fin d’hiver !

        • Oulala, les mangeoires à chardons devrait être faites pour les petits becs. Ils sont pas mal malins! Hihi!

          • Lucie Martin

            J’ai aussi observé des juncos ardoisés ainsi que des bruants hudsoniens sur mon silo à chardon. Ils tentent aussi de s’agripper sur les ‘cages rectangulaires’ de suif mais leurs pattes griffées moins bien adaptées ne leur permettent pas de s’y nourrir longtemps !!! L’adaptabilité des oiseaux est toujours impressionnante et passionnante à observer.

          • Haha, ces espèces ne sont pas adaptées pour grimper, en effet! Mais quand on est gourmand, tous les moyens sont bons! 🙂

  • Linda et Serge Rioux

    Pas de chance pour observer le tohi tacheté. On a passé 2 fois et pas vu. Mais, consolation, on a ajouté 2 nouveaux oiseaux à nos observations: un Solitaire de tonwsend sur la 9ème rue à Rimouski et des Alouettes Haussecol à Bic, sur le chemin Voyer.
    Que c’est intéressant et divertissant l’ornithologie. On en veut toujours plus. Merci pour les étrangetés que tu nous fais découvrir. Bonne journée.Bye.

    • Merci pour vos belles observations! Et de rien! Bonne journée à vous aussi!

  • Gaétan

    Bonsoir, le retour des oies blanches a été observé près de la 35 près de saint alexandre es-ce normal? N’est-il pas tôt pour leur retour?

    • Oui, c’est trop tôt. Elles migrent surtout en avril normalement, donc ces individus sont en avance eux aussi. Merci!

  • Claire Levesque

    Très chouette les étrangetés ornithologiques.Ca donne le goût d’observer nos oiseaux….et les étranges.J’ai hâte à nos sorties ornitho.
    Merci Mireille, a bientôt Claire de Cacouna

    • Merci Claire! Bientôt! La prochaine sortie est le 11 mars! J’ai bien hâte de vous revoir aussi!

  • Maurice Thibaudeau

    Un aigle royal mature a été vu plusieurs fois au cours de l’hiver. Il est un peu inusité mais pas rare. De mon côté, j’en suis à ma 43e observation de pygargue à tête blanche le long de l’Outaouais entre l’Île-aux-Allumettes et Gatineau. Pas rare non plus, beaucoup de charogne disponible du côté cerfs et dindons.

    • Beaucoup de pygargues restent au Québec pendant l’hiver, en effet. Intéressant de voir que cet Aigle royal n’a pas peur du froid!

  • Ghislaine

    Des petits potins ornito que j’aime beaucoup, merci pour les publications !

  • Lise Pelletier

    C’est une charmante idée!

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