Les 10 pièges à éviter pour l’ornithologue débutant

Les 10 pièges à éviter pour l’ornithologue débutant

Voici 10 pièges que j'ai remarqués chez les ornithologues débutants au fil des années. Je vous offre aussi des trucs pour pouvoir les éviter!

 

1- Décrire les oiseaux de façon trop sommaire

C’est immanquable, ceux qui connaissent peu les oiseaux décrivent souvent leur observation seulement en utilisant la couleur.

Le premier élément à mentionner est plutôt le type d’oiseau dont vous parlez. Par exemple : Un canard? Quelque chose qui ressemble à un héron? Un oiseau de proie? Un petit oiseau dans les arbres (passereau)?

Lorsque vous parlez des couleurs, dites où elles se trouvaient sur le corps de l'oiseau. Sur le dos? Au ventre? Sous les ailes?

Ensuite, remarquez le type de bec et de queue, le patron de la tête, autant de petits détails que vous pouvez.

Tout cela aidera la personne à qui vous demandez de l'aide pour identifier votre oiseau avec votre description. Par contre, il est aussi possible que cela ne soit pas suffisant. Rien n'est mieux que d'identifier vous-même votre oiseau.

 

2- Ne se fier qu'à un seul critère pour l’identification

Un oiseau est un tout et des variations importantes de plumage peuvent survenir entre les individus. Parfois, un critère semble appartenir à une seule espèce si on se fie à une illustration dans un livre du spécimen parfait, mais il faut regarder l’ensemble de l’oiseau pour arriver à la bonne identification.

En général, on pourrait dire qu’un minimum de trois critères devrait être utilisé pour le distinguer des espèces semblables et arriver au nom précis, une fois que vous avez cerné la catégorie d’oiseau à laquelle il appartient.

Si une autre espèce lui ressemble, il est important de savoir pourquoi ce n’est pas l’autre espèce.

En été, surtout à partir du mois de juillet, si vous trouvez que votre oiseau ressemble beaucoup à telle espèce et aucune autre, mais certains traits ne correspondent pas, trouvez dans un guide le plumage du jeune, car c'est peut-être à lui que vous avez affaire.

 

3- S’attarder au ton de la couleur sur l’oiseau

Il m'est arrivé d'entendre que, par exemple, ça ressemblait à un Cardinal rouge, oui, car il avait cette forme et une huppe, mais ce n'était pas le même rouge qu'il avait.

En ornithologie, rouge, c’est rouge, peu importe le type de rouge. Brun, c’est brun. Gris, c’est gris. Bleu, c’est bleu. On ne s’attarde pas souvent au ton de chacune des couleurs, car ce n’est pas utile.

En fait, selon l’éclairage, le sexe de l’oiseau, son âge et la période de l’année, le ton de la couleur peut changer. Cela importe peu pour l'identification de l'espèce.

Gardons cela au plus simple en se repérant avec les couleurs de base sur l’oiseau.

 

4- Vouloir à tout prix arriver au nom

Si vous êtes débutant, il est inévitable que vous croiserez des oiseaux que vous ne pourrez pas identifier avec précision. C’est que vous ne savez pas encore quoi regarder précisément rapidement, ce qui est normal.

C’est en vous exerçant souvent que vous arriverez à le faire automatiquement.

Cependant, même une fois que vous serez plus expérimenté, gardez en tête que même les ornithologues les plus aguerris peuvent croiser un oiseau sans avoir la chance de le voir suffisamment bien pour lui donner un nom précis.

Dans ces cas, il faut rester humble et admettre qu’on n’est pas certain de l’identification.

Si vous arrivez à déterminer quelques espèces possibles selon ce que vous avez vu et que vous voyez dans le livre quels critères vous devrez regarder la prochaine fois pour pouvoir les distinguer, ce sera déjà un grand apprentissage!

 

5- Trop se fier à sa mémoire

On entend souvent que le cerveau est une faculté qui oublie. J’ajouterais même que le cerveau peut se faire croire facilement qu’il a vu telle ou telle chose, même si elle n’existait pas, études à l'appui!

On n’y peut rien, expérimenté ou pas, notre cerveau arrive très bien à imaginer des souvenirs!

Quand vous observez les oiseaux, emportez toujours un calepin avec vous. Il est utile pour y noter les espèces observées, mais surtout pour y noter les caractéristiques que vous avez remarquées sur les oiseaux à identifier. Notez tout ce que vous pouvez avant même d'ouvrir votre guide d'identification.

 

6- Utiliser seulement l’appareil photo

Prendre des photos, c'est parfois pratique pour vérifier vos observations à la maison ou pour faire identifier vos oiseaux par quelqu’un d’autre.

Cependant, sur le terrain, rien n’est plus pratique que de bonnes jumelles.

Vous y verrez toujours mieux l’oiseau, sous différents angles, car il bouge. De plus, s’il s’envole vite, il est beaucoup plus rapide de prendre ses jumelles que de démarrer son appareil.

 

7- Ignorer les cartes de distribution

Regardez les cartes de distribution des espèces avant de déterminer l’identification finale de votre oiseau.

S’il n’est pas censé être présent au Québec, remettez automatiquement en doute votre identification et essayez de trouver une autre espèce qui ressemble à votre oiseau. Si vous n'en trouvez pas d'autres, il est possible que ce soit bien un oiseau égaré, mais les chances sont tout de même faibles.

La carte de distribution vous renseigne aussi sur la période où l’oiseau est présent dans votre région. Tenez-en compte.

 

8- Ne pas se faire confiance

Vous avez l’habitude de faire confirmer vos observations par un habitué? C’est très bien, mais remarquez comment ils s’y sont pris pour faire l’identification et faites comme eux!

Si vous vous êtes exercé pendant un bon bout de temps, que vous observez tous les critères principaux de l'oiseau et que vous savez pourquoi vous éliminez toutes les autres possibilités, vous avez sûrement raison!

Et puis, si vous vous trompez, ce n’est pas la fin du monde. Vous aurez appris beaucoup plus qu’en demandant simplement à quelqu’un d’autre!

 

9- Se limiter à la technologie

Il existe un tas d’outils technologiques comme compléments pour l’observation des oiseaux, mais il demeure que le guide d’identification des oiseaux en format papier est toujours l’outil le plus pratique.

Le guide d'identification demande un peu de familiarisation pour l’utiliser efficacement, mais le temps passé à l’apprivoiser sera très rentable à plus long terme!

Les outils électroniques sont des outils complémentaires, mais lorsque vous êtes dehors, en face d’un oiseau, il est très pratique de savoir utiliser son guide d’identification d’oiseaux pour le trouver rapidement, sur place.

 

10- Se décourager devant un groupe d’espèces d'oiseaux

Certains groupes d’espèces d'oiseaux peuvent être moins motivants ou se ressembler trop et nous décourager. Cependant, ça vaut la peine de les étudier quand même, car très bientôt, vous croiserez ces oiseaux et vous serez bien heureux de les connaître un peu!

Certains ornithologues développent même une passion pour les oiseaux plus difficiles à identifier.

Et ne vous faites pas d’idée, les goélands sont très intéressants quand on prend la peine de s’y attarder. En plus, des espèces rares peuvent se cacher parmi eux!

 

Et vous, songez-vous à un autre piège que je n'ai pas répertorié ici? Partagez-le en l'inscrivant dans les commentaires ci-bas.

 

Commentaires ( 2 )

  • Normand Lamothe

    Pour augmenter nos chances également choisir le « quand » pour les observations (périodes de l’année, au crépuscule, à l’aurore, canicule…)

    • Mireille

      Oui, en effet, c’est bien pratique à savoir! Je prépare d’ailleurs un article contenant quelques trucs d’ornithologues expérimentés. Je retiens votre idée!

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