Évaluation des télescopes : Tour d’horizon des lunettes d’approche pour l’ornithologie

Évaluation des télescopes : Tour d’horizon des lunettes d’approche pour l’ornithologie

Évaluations rédigées par Hugues Brunoni

Article mis à jour le 21 novembre 2022, orignalement publié le 3 juillet 2021.

Vous observez les oiseaux depuis un certain temps avec vos jumelles et vous songez à franchir la prochaine étape pour observer les oiseaux, l'achat d'un télescope. Cet article est pour vous!

En effet, certains oiseaux sont plus faciles à observer au télescope, car ils sont souvent loin. C'est particulièrement le cas des canards, des oiseaux de mer et des oiseaux de proie perchés ou en vol.

Voici les évaluations de télescopes disponibles sur le marché québécois en date de juillet 2021.

Vous remarquerez qu'il y en a pour tous les budgets. Les télescopes vous sont présentés en ordre de prix.

 

POUR LES GROS BUDGETS, LES LUNETTES HAUT DE GAMME :

 

Swarovski ATX/STX/BTX : Le nec plus ultra, surtout avec la version à deux oculaires !

À condition d’opter pour le gros objectif (celui de 95 mm ou, encore mieux, celui de 115 mm), la Swarovski surpasse la Kowa, et ce grâce à un meilleur pouvoir de résolution et à une plus longue focale (elle grossit plus). Par contre, l’avantage que détenait initialement la Swarovski sur la Kowa en termes de largeur de champ et de netteté des bords de l’image a disparu depuis la mise en marché d’un meilleur oculaire pour la Kowa en 2014. Tel était l’état des forces en présence quand Swarovski en a remis une couche. L’introduction en 2017 du module binoculaire BTX (illustré ici) change en effet complètement la donne. L’expérience que procure ce dispositif (inédit sur une lunette terrestre) est stupéfiante. La mise à contribution des deux yeux rend l’observation à la fois plus confortable et plus immersive. Le seul hic est financier, car au prix de l’instrument lui-même (dans cette configuration), s’ajoute ce qu’il faut débourser pour le supporter adéquatement : trépied costaud, tête spéciale (Swarovski PTH ou Gitzo GHFG1), platine de stabilisation. Soit au total près de 10 000 $ !

 

Prix : 7 040 $ (BTX 35×115) ; 5 430 $ (ATX 30-70×95).

Types de visée : coudée à un oculaire (ATX), coudée à deux oculaires (BTX), droite à un oculaire (STX)

Puissance : ATX/STX : 25-60× (objectif de 65 ou 85 mm), 30-70× (objectifs de 95 ou 115 mm) ; BTX : 30× (objectif de 65 ou 85 mm), 35× (objectifs de 95 ou 115 mm)

Diamètre de l’objectif : 65, 85, 95 ou 115 mm

Étanchéité sous l’eau : oui

Étui protecteur : en sus

 

Nouveau modèle! (ajouté ici le 21 novembre 2022)
Kowa TSN-99  : Wow! Bonne deuxième!
30-70×99  40×99

Lancée en octobre 2021, la TSN-99 est la réplique de Kowa aux récentes avancées des marques concurrentes. Avec son diamètre de 99 mm, elle surpasse en effet toutes les autres lunettes, à l’exception de la Swarovski BTX/ATX/STX dans sa configuration ultime (soit lorsque munie du très gros objectif de 115 mm). Voilà qui replace Kowa dans la course, mais sans pour autant être révolutionnaire. La TSN-99 n’est au fond qu’une version revue et augmentée de la TSN-880. Le fait qu’elle utilise la même monture pour ses oculaires est un signe qui ne trompe pas. On reconduit par conséquent les oculaires déjà existants. Monté sur cette nouvelle longue-vue, l’oculaire zoom devient un 30-70× (plutôt qu’un 25-60×). Le gain n’est pas négligeable ; cela permet de distinguer d’aussi menus détails qu’avec une Swarovski ou une Zeiss, en version 95 mm. Si ce n’était que ça, on parlerait d’un simple rattrapage.

Heureusement, les innovations ne s’arrêtent pas là. Kowa a lancé, en même temps que sa nouvelle lunette, un nouvel oculaire. Cet oculaire (le TE-80XW) produit un grossissement de 40× (35× avec la TSN-880) et offre un champ extra-large (39 m à 1000 m – personne ne fait mieux pour ce grossissement). En outre, grâce à l’adjonction d’un field flattener, il produit une image véritablement très homogène. En pratique, même si le champ s’incurve légèrement à l’approche des bords, cette courbure n’entraîne pas de distorsion notable ; avec pour résultat que l’image apparaît parfaitement nette d’un bord à l’autre. Voilà qui marque un nouveau jalon. Kowa fait valoir en outre que cet oculaire est particulièrement bien adapté pour la prise de photos à l’aide d’un téléphone portable, étant donné qu’il est peu ou pas du tout nécessaire de zoomer (électroniquement) pour éliminer le vignettage.

 

Prix : 5000 $

Type de visée : coudée

Autre type de visée : droite

Puissance : 23-70×, 40×

Autre oculaire disponible : 30× à grand dégagement oculaire

Diamètre de l’objctif : 99 mm

Étanchéité sous l’eau : oui

Étui protecteur : en sus

 

Zeiss Victory Harpia : Le sommet aussi, mais avec quelques irritants.

23-70×95

Voici l’autre riposte probante à la longtemps indétrônable Kowa. À condition (ici aussi) d’opter pour le plus gros objectif (95 mm). Les observateurs les plus exigeants (et les plus fortunés) ont donc désormais à choisir entre Zeiss et Swarovski. La Zeiss a comme avantage d’offrir un champ extraordinairement large (sans équivalent), bien plat, et aux contours absolument nets quel que soit le grossissement (parce que le zoom ne réside pas dans l’oculaire mais dans la lunette). Pas de possibilité par contre de regarder avec les deux yeux, si ce n’est en alternance... À cause de son champ extra-large, l’oculaire est toutefois difficile à apprivoiser. Il faut vraiment très bien centrer l’œil, à défaut de quoi on voit tout noir ! L’autre bémol se rapporte à la bague de mise au point. Son système à double niveau de sensibilité nécessite, lui aussi, un temps d’adaptation. Voici donc en somme une très belle et bonne lunette, très innovante, mais qui comporte sa part d’irritants.

Prix : 6 050 $

Type de visée : coudée

Autre type de visée : aucune

Puissance : 23-70×

Diamètre de l’objectif : 85 mm

Autre format disponible : 22-64×85

Étanchéité sous l’eau : 400 mbar

Étui protecteur : en sus

 

Leica Televid APO 82 : Très bonne qualité, mais allez vers Kowa.

25-50×82

Le seul exemplaire de cette lunette que nous ayons eu entre les mains présentait un défaut pour le moins irritant : la présence d’un jeu entre l’oculaire et le boîtier de la longue-vue. On nous a révélé plus tard que l’exemplaire testé ne faisait pas exception… Nous ignorons si le problème a été corrigé depuis (nous avons testé cette lunette à sa sortie en 2009). Mais quoi qu’il en soit, la Leica semblait initialement en mesure de pouvoir livrer une chaude lutte à la Kowa. Car si cette dernière conservait l’avantage en termes de pouvoir de résolution et de luminosité, la Leica l’emportait pour ce qui est de la largeur du champ de vision et de la netteté des bords de l’image. Or ce n’est plus le cas depuis que Kowa a remplacé son oculaire zoom en 2014. Le nouveau zoom de la Kowa offre une plage de puissance plus étendue que le zoom de la Leica (25-60× contre 25-50×) tout en permettant de voir tout aussi large. Notons au passage que l’écart de prix entre Kowa et Leica s’est fortement rétréci (à l’origine la Leica se vendait 1000 $ de plus).

Prix : 4 240 $

Type de visée : coudée

Autre type de visée : droite

Oculaire essayé : 25-50×

Autres oculaires disponibles : aucun

Diamètre de l’objectif : 82 mm

Autre format disponible : 25-50×65 (1770 $)

Étanchéité sous l’eau : oui

Étui protecteur : en sus

 

Kowa TSN-883 : Toujours impeccable, le haut de gamme abordable

25-60×88

Apparue en 2007, la TSN-883/884 réussissait l’exploit de combler à peu près toute les attentes : offrir la même qualité optique époustouflante que le modèle précédent (la TSN-823/824), mais dans un boîtier nettement plus solide, un format plus lumineux (88 mm) et servie par un meilleur oculaire zoom. Au point où Swarovski et Zeiss ont mis plusieurs années avant de parvenir à surpasser la japonaise. La Kowa, pour autant, demeure un choix très pertinent. Car si elle se trouve désormais reléguée en troisième position, elle conserve un avantage de taille : son prix, nettement plus raisonnable que celui des lunettes Zeiss et Swarovski. Mentionnons au passage que Kowa a remplacé en 2014 le zoom 20-60× à champ ordinaire par un 25-60× à champ large. Tout récemment, Kowa lançait un tout nouvel étui pour sa lunette. Fait de néoprène, il adopte l’allure (moulante), la couleur (noire) et l’ergonomie plus aboutie des étuis offerts par les marques concurrentes. Le logo estampillé sur une pièce de cuir et les surpiqûres turquoise sont du plus bel effet !

Prix* : 4 000 $

Type de visée : coudée

Autre type de visée : droite

Puissance : 25-60×

Diamètre de l’objectif : 88 mm

Autre format disponible : 20-60×77 (3 000 $)

Étanchéité sous l’eau : oui

Étui protecteur : en sus

 

LE BUDGET MODÉRÉ, LES LUNETTES DE MILIEU DE GAMME :

 

Zeiss Conquest Gavia 85 : Pas loin du haut de gamme

30-60×85

Un produit allemand frappé de la mention « made in Japan » ? Vraiment, cette lunette ne nous disait rien qui vaille… Or, c’est au contraire une assez bonne surprise que nous réservait la Gavia. L’avantage principal de cette lunette réside dans la qualité d’image qu’elle procure à 60×. Le champ est en effet plus large et homogène à cette puissance qu’il ne l’est sur la plupart des autres modèles ; ce qui en fait l’instrument tout désigné pour s’attaquer à des sujets lointains. Bonne note du reste pour ce qui est du pouvoir de résolution. On atteint à cet égard le même niveau de performance qu’avec la Kowa, ou qu’avec la Harpia et la Swarovski en versions 85 mm. Le contraste, le rendu des couleurs et la profondeur de champ laissent par contre à désirer. On pourrait résumer en disant que la Gavia offre à certains égards des performances proches de celles d’un modèle haut de gamme. Elle n’en combine pas toutes les qualités, certes, mais n’affiche pas le même prix non plus.

Prix* : 2800 $

Type de visée : coudée

Puissance : 30-60×

Diamètre de l’objectif : 85 mm

Autre format disponible : aucun

Étanchéité sous l’eau : 400 mbar

Étui protecteur : en sus

 

Vortex Razor HD : Pas mal

27-60×85

Design élégant et épuré, finition impeccable jusque dans les moindres détails : on croirait avoir affaire à un produit haut de gamme. L’ergonomie est à l’avenant, sauf pour ce qui est de la bague de mise au point, insuffisamment démultipliée. Résultat : on tâtonne au moment de faire le point (en particulier lorsque l’oculaire est réglé au plus fort grossissement). Cette Razor est pourvue d’un oculaire à plage plus réduite (27-60×) mais à champ large (de 39 à 23 m à 1000 m). On voit presque aussi large avec cette Vortex qu’avec la Kowa ou la Swarovski. Le champ avec la Vortex n’est toutefois pas aussi plat, de sorte que l’image s’embrouille un peu sur les bords. La Razor n’offre pas non plus un aussi bon pouvoir de résolution que les modèles haut de gamme. Le fait qu’elle corrige un peu moins bien l’aberration chromatique est sans doute en cause. Toujours au chapitre des défauts, on note un rendu des couleurs marqué par une dominante rosée. Cette Razor n’en demeure pas moins un bon produit de milieu de gamme, auquel nous préférons toutefois la Nikon Monarch, voire également la Zeiss Gavia.

Prix : 2 300 $

Type de visée : coudée

Autre type de visée : droite

Oculaire essayé : zoom 27-60×

Autres oculaires disponibles : 22× à grand dégagement oculaire

Diamètre de l’objectif : 85 mm

Autre format disponible : 22-48×65 (1770 $)

Étanchéité : oui

Étui protecteur : fourni (néoprène)

 

Nikon Monarch 82 ED-A : Presque du haut de gamme si on opte pour l'oculaire à champ large

20-60×82

La Monarch succède à la vénérable Fieldscope. Nikon reconduit le même format (82 mm), mais dans une version revue et corrigée. La bague de mise au point, premier constat, frôle la perfection. Large et bien dégagée, elle est idéalement démultipliée, permettant un réglage à la fois rapide et précis. Deuxième constat : la Monarch offre un pouvoir de résolution qui n’est pas loin d’égaler celui des meilleurs produits sur le marché. On s’approche en effet très près des performances de la Kowa ou de celles des lunettes Zeiss et Swarovski en format 85 mm. En fait, c’est l’optique dans son ensemble qui se mérite des éloges. L’uniformité du champ n’est pas loin d’être au top (l’égalisateur de champ jouant ici très bien son rôle de réduire au minimum l’effet de courbure), le niveau de contraste est excellent et le rendu des couleurs est à la fois neutre et très éclatant. Le seul reproche que nous pouvons adresser à cette lunette concerne l’oculaire qui l’équipe par défaut : un 20-60× correct, mais sans plus. Il existe heureusement un oculaire optionnel (un 30-60× à champ large), mais qui n’est pas donné (700 $).

Prix : 1700 $

Type de visée : coudée

Autre type de visée : droite

Oculaire : 20-60×

Autres oculaires disponibles : 30-60× grand angle, 38× grand angle.

Diamètre de l’objectif : 82 mm

Autre format disponible : 16-48×60 (1300 $)

Étanchéité sous l’eau : 1 m pendant 10 min

Étui protecteur : inclus (néoprène)

 

 

Vortex Viper HD : Honnête pour son prix

20-60×85

Cette nouvelle mouture de la Viper (renouvelée en 2019) reprend l’allure générale de sa grande sœur la Razor HD (renouvelée en 2016). À l’instar de la Razor et de la Diamondback (renouvelée en 2020), la Viper s’en remet désormais à une bague pour faire la mise au point (au lieu d’une molette). Le résultat est plutôt probant. Idem pour les autres commandes, tout aussi convaincantes : œilleton, zoom, pare-soleil. Le confort pour les porteurs de lunettes est correct : parfait à 20×, il fait un peu défaut à 60×. Le champ de vision est quant à lui vraiment très plat, à l’égal de ce qui se fait de mieux. Il n’est toutefois ni particulièrement profond, ni particulièrement large. L’aberration chromatique se fait extrêmement discrète avec la Viper. Pour autant, le pouvoir de résolution ne se situe pas au même niveau que celui des lunettes haut de gamme (beaucoup plus coûteuses il est vrai). L’image, de fait, manque de piqué et de contraste. La fidélité du rendu des couleurs laisse aussi à désirer (on distingue clairement une dominante rosée). Reste que la Viper nous a fait très bonne impression (belle réalisation et bonne optique pour le prix). Il n’y a qu’un détail qui déçoit réellement : la distance minimale de mise au point. Elle est de 11 m alors que la norme tourne plutôt autour de 5 ou 6 m.

Prix : 1350 $

Type de visée : coudée

Autre type de visée : droite

Oculaire : 20-60×

Autre oculaire disponible : 33,5× (à réticule)

Diamètre de l’objectif : 85 mm

Autre format disponible : 15-45×65 (1050 $)

Étanchéité sous l’eau : oui

Étui protecteur : fourni (néoprène)

 

LE PETIT BUDGET MAIS PAS SI PETIT, LES LUNETTES D'ENTRÉE DE GAMME :

 

Vortex Diamondback HD : La meilleure lunette à moins de 1000 $

20-60×85

Cette toute nouvelle lunette a très fière allure. Sa finition premium est digne en effet d’un modèle haut de gamme. La mise au point se fait par bague, comme c’est le cas avec les autres lunettes Vortex. Cette bague est exemplaire : on règle la netteté sans tâtonner, même à 60×. Les autres commandes se manipulent tout aussi bien : zoom, œilleton, pare-soleil. La Diamondback accommode parfaitement les porteurs de lunettes. Son champ de vision n’est pas extrêmement large, ni très profond, mais en revanche très plat. Le pouvoir de résolution n’est évidemment pas celui d’un produit haut de gamme, mais se montre très convenable pour le prix. Mauvaise note toutefois pour ce qui concerne l’aberration chromatique, à peine corrigée (et ce malgré la mention « HD »). Il s’agit néanmoins à notre avis de la meilleure lunette d’approche qu’on puisse se procurer actuellement pour moins de 1000 $.

Prix : 750 $

Type de visée : coudée

Autre type de visée : droite

Oculaire : 20-60×

Autre oculaire disponible : aucun

Diamètre de l’objectif : 85 mm

Autre format disponible : 16-48×65 (600 $)

Étanchéité sous l’eau : oui

Étui protecteur : fourni (en néoprène)

 

Vanguard Endeavor HD 82A : Optez plutôt pour la Vortex

 

Voici une lunette solide (son boîtier est en alliage de magnésium), bien assemblée et rehaussée d’un très beau design. Les différentes commandes fonctionnent à merveille : pare-soleil, œilleton, zoom, molette de mise au point. Cette dernière est particulièrement efficace, alliant douceur de roulement et précision. Le confort pour les porteurs de lunettes est parfaitement adéquat, tandis que le champ de vision est tout à la fois assez large, assez profond et relativement plat. Bonne note également en ce qui a trait au rendu des couleurs, presque neutre. Les choses se gâtent toutefois au chapitre du pouvoir de résolution. L’image à 60× manque de contraste et de définition. Elle est heureusement beaucoup plus flatteuse à 20×. L’aberration chromatique est corrigée, mais en partie seulement. Pour un déboursé équivalent, la Vortex Diamondback HD offre une qualité de fabrication et une ergonomie comparable, avec en prime une optique supérieure.

Prix : 740 $

Type de visée : coudée

Autre type de visée : aucun

Oculaire : 20-60×

Autres oculaires disponibles : aucun

Diamètre de l’objectif : 82 mm

Autre format disponible : 15-45×65 (600 $)

Étanchéité sous l’eau : oui

Étui protecteur : fourni (en néoprène)

 

Nikon Prostaff 5 82 : Mieux vaut passer son tour

20-60×82

Voici une lunette extraordinairement légère. Et on comprend vite pourquoi : elle est faite presque entièrement de plastique. D’où l’impression plutôt navrante d’avoir affaire à du toc. La commande du zoom, mince et récalcitrante, se manipule mal. La molette de mise au point tourne mieux et c’est heureux, sa course étant plutôt longue. L’oculaire ne procure pas le meilleur confort qui soit : les porteurs de lunettes verront très bien à 20×, mais nettement moins bien à 60×. Cela dit, l’image que procure la Prostaff est franchement belle. Les couleurs sont vives et bien restituées et le niveau de contraste plutôt élevé. Le champ de vision est généreux, tant en largeur qu’en profondeur, en plus de s’avérer passablement plat. Comme on s’y attend de la part d’un instrument dépourvu de verres spéciaux, l’aberration chromatique est très visible. Pour cette raison notamment, le pouvoir de résolution est modeste. En somme, et même si elle n’est pas dénuée de qualités, la Nikon Prostaff 5 doit s’incliner devant la concurrence. Pour le même prix, la Vortex Diamondback HD est autrement plus intéressante.

Prix : 690 $

Type de visée : droite

Autre type de visée : coudée

Oculaire : 20-60×

Autres oculaires disponibles : 25×, 38× grand angle

Diamètre de l’objectif : 82 mm

Autre format disponible : 16-48×60 (400 $)

Étanchéité sous l’eau : 1 m pendant 10 min

Étui protecteur : non

 

Vanguard Endeavor XF 60A : Franchement décevante

15-45×60

La Endeavor XF est bien faite et belle à voir. Le boîtier est en alliage de magnésium et toutes les commandes fonctionnent à merveille. La molette de mise au s’avère à la fois facile à atteindre et à actionner. La bague du zoom est large et tourne aussi très bien. Le confort pour les porteurs de lunettes n’est pas loin d’être parfait : il ne fait légèrement défaut qu’au plus fort grossissement. Mais ici s’arrêtent les éloges ! Car l’optique n’est tout simplement pas à la hauteur. L’image ne présente en effet qu’assez peu de contraste, au point de donner l’impression d’être légèrement voilée lorsqu’on pousse le zoom au maximum. L’aberration chromatique se fait en outre assez nettement sentir. Le champ, plutôt large, est en contrepartie assez fortement courbé et, de ce fait, embrouillé sur les bords. Pour tout dire, le rendement de cette jolie petite lunette est franchement décevant.

Prix : 450 $

Type de visée : coudée

Autre type de visée : aucun

Puissance : 15-45×

Diamètre de l’objectif : 60 mm

Autre format disponible : 20-60×80 (550 $)

Étanchéité sous l’eau : oui

Étui protecteur : non

 

Les autres télescopes :

Il existe aussi des télescopes bon marché (même à moins de 100$!) dans des magasins à grande surface, mais vous aurez compris qu'ils ne vous feraient que rager, grrrr...

 

Ce que Mireille utilise :

 

Je me suis d'abord procuré une lunettte correcte, une Nikon Spotter XL, qui m'a coûté 400$ vers 1998. Je m'en suis servi pendant quelques années, mais quand l'utilisais la lunette Kowa de mes amis ornithologues, je me disais que j'en aurais une un jour. C'était cher cependant, bien cher, quoique beaucoup moins qu'aujourd'hui! Le jour où je suis tombée sur une lunette Kowa d'occasion chez Lire la Nature (vers 2001), je me suis sérieusement demandé si je ne devancerais pas le projet.

Finalement, pour l'économie (coût de cette lunette usagée de 1600$ si je me souviens bien) et sachant que je m'en procurerais une de toute façon dans les années à venir, je suis sautée sur l'occasion et ai acheté cette Kowa TSN-824 usagée. C'était la référence dans le temps, du haut de gamme!

Mais j'étais habituée aux oculaires sur lesquels on peut effectuer un zoom, ce qui n'est pas le cas sur celle-ci. Elle venait avec deux oculaires fixes, l'un de 32x et l'autre de 50x. On m'a dit que j'utiliserais probablement la 32x la plupart du temps, car il est beaucoup plus facile d'y trouver les oiseaux avec son plus large champ de vision. C'est ce que j'ai fait pendant un bout de temps, mais finalement, j'ai changé pour l'oculaire 50x et je n'utilise plus que celui-ci. Peut-être que je devrais considérer utiliser la 32x quand je suis sur un bateau, parce que la vibration paraîtrait moins, hihi, mais je suis rendue habituée à la 50x.

L'avantage d'un oculaire fixe, c'est que le champ de vision est plus large et que l'image est aussi plus nette et lumineuse qu'avec un oculaire zoom (dont on peut changer le grossissement en tournant une molette). Le modèle de Kowa que j'ai a cependant un petit défaut, il blanchit un peu l'image, mais bon, j'y suis habituée maintenant et je trouve que je vois encore très bien là-dedans.

J'ai toujours ma Nikon chez moi et je la sors lorsque je guide des sorties afin d'avoir un télescope de plus. C'est quand même un bon télescope de base.

Il est à noter que j'ai aussi acheté un bon trépied dès le premier achat, un trépied Manfrotto robuste et grand. J'avais en tête qu'il me servirait un jour pour un plus gros télescope. J'ai bien fait, car je l'utilise toujours.

 

Ce que Hugues utilise :

 

Depuis le printemps 2007, je suis l’heureux propriétaire d’une Kowa TSN-883. Je comptais auparavant sur les services d’une Baush & Lomb Elite 77 mm, un modèle retiré du marché depuis longtemps et qui comportait plus que sa part de défauts. La Kowa, à l’inverse, frise la perfection. Ce qui inclut une totale fiabilité (aucun problème à signaler à ce jour). Il n’y a que l’étui que j’ai remplacé après dix ans (pour un meilleur). S’il m’arrive d’éprouver des complexes, ce n’est qu’à la vue d’une Swarovski. Et encore : il faut qu'il s'agisse de la version à gros (95 mm) ou à très gros (115 mm) objectif. De fait, la Kowa n’est plus, depuis 2012, le nec plus ultra, mais elle demeure une très bonne affaire. Et pour cause : elle est nettement moins chère que les modèles des marques allemandes et autrichienne, et davantage encore si l’on considère le prix en vigueur lorsque je me suis procuré mon exemplaire personnel en 2007. Non, vraiment, je ne trouve aucun motif de me plaindre !

À ma Kowa s’est ajouté récemment un instrument vintage : une vieille Swarovski ST80 HD reçue en cadeau. Le prix (0 $) s’expliquait par l’état de la lunette (bonne pour la poubelle). Mais sachant la qualité du service après-vente de Swarovski, j’ai décidé de le faire remettre en état. Montant de la facture : 400 $. Pour une lunette qui valait 2 800 $ vers l’an 2000, ça m’a semblé raisonnable comme déboursé. Il faut voir que la AT/ST80 HD était la meilleure lunette sur le marché dans les années 1990. Elle est moins moderne que ma Kowa (œilleton rabattable et non escamotable, champ de vision relativement étroit, objectif de « seulement » 80 mm), mais difficile de trouver meilleure lunette d’appoint!

 

En conclusion :

Comme vous pouvez le constater avec nos histoires, les lunettes de haute qualité sont des appareils qui vous serviront fidèlement pendant de nombreuses années, probablement des décennies. Alors, ça vaut la peine d'investir! En plus, si vous avez un jour besoin d'argent d'urgence, vous pourrez revendre votre lunette, peut-être même plus cher que vous l'avez payée à l'époque, car les nouveaux télescopes sont de plus en plus dispendieux chaque année.

 

Remerciements : Nous tenons à remercier Alain Goulet, de la boutique Nature Expert, pour nous avoir permis de tester la plupart des lunettes présentées ici.

 

Note : Go oiseaux ne vend pas de télescopes. Je vous invite à vous procurer le vôtre à l'un des magasins spécialisés en ornithologie au Québec :

Nature Expert (Montréal)

Le Naturaliste (Québec)

Lire la Nature (Longueuil)

et à consulter notre page des jumelles, télescopes et livres usagés à vendre pour entrer directement en contact avec des particuliers qui revendent leur équipement.

 

Vous êtes invités à laissez vos commentaires sur votre lunette ou à poser vos questions au bas de cette page. 🙂

Commentaires ( 15 )

  • Michel Vanier

    Bonjour Mireille, je songe à acheter un Kowa TSN-773 / TE-11WZ II
    Ce que je me demande c’est à quel autre modèle je devrais le comparer pour confirmer ce choix ?
    Je regardais aussi Celestron Regal M2 80ED mais je ne crois pas que ce soit de la même catégorie…

    • Je comparerais à un modèle plus cher et un modèle moins cher avec lesquels vous pourriez hésiter. Il faut aussi savoi quoi regarder. D’abord, il faut aller à l’extérieur. Trouvez une écriture pour comparer la netteté, puis trouvez un contraste foncé et pâle, comme des écritures noires sur fond blanc par exemple, pour voir s’il y a des couleurs qui se forment à la bordure et à quel point. Vous regarderez aussi les contours du rond du champ de vision du télescope, qui est normalement flou chez les modèles moins chers. Vérifiez aussi, bien sûr, avec lequel vous êtes vous-même plus confortable, tout en vous assurant d’abord que l’oeilleton est bien ajusté pour un porteur ou non-porteur de lunettes. En fait, je vous relis et le mieux serait que vous compariez les deux modèles que vous mentionnez, étant donné que vous hésitez entre eux. Vous verrez si la différence en vaut la peine pour vous. Je vais aussi demander à Hugues de vous répondre, car il connaît mieux les modèles. 🙂

      • Michel Vanier

        Merci ! Je continue à prendre des notes. C’est grandement apprécié quand on fait ses premiers pas dans l’observation des oiseaux. 🙂

  • Andre Crepeau

    Bonjour MIreille,
    J’aimerais savoir si une lunette d’approche a besoin d’une « mise au point », un nettoyage interne, d’une sorte de remise à neuf avec l’usure des années.
    Merci

    • Ça prendrait une grosse usure anormale pour avoir besoin d’une remise à neuf à mon avis. Si on en prend soin, je ne crois pas que ça prenne de mise au point non.

  • Louise Lavoie

    Bonjour!
    Pourriez-vous me conseiller des lunettes d’approche légères qui me permettraient de bien voir les oiseaux qui viennent dans ma cour et que je croise lors de promenades en forêt. Je suis débutante en ornithologie et les modèles que vous suggérez ci-haut (ou ci-bas!) sont beaucoup trop chers pour moi. J’ai un budget de 300 à 600 $ gros maximum.
    Je vous remercie beaucoup et attends votre réponse avec impatience, car je suis peinée de de pas pouvoir bien voir les geais bleus, les mésanges à tête noires entre autres qui viennent aux mangeoires que j’ai installées dans ma cour. J’ai l’impression de manquer une grande partie du très joli spectacle qu’ils m’offrent.
    Bonne journée à vous et merci encore!

  • Yves Courtemanche

    Bonsoir Mireille, je ne sais pas si vous avez eu la chance de discuter avec Hugues concernant mon questionnement concernant les télescopes coudé ?

    • Hugues m’a finalement répondu, mais il dit que j’ai bien répondu et ajoute ceci : Ce choix est essentiellement affaire de préférence personnelle (plusieurs « gros » birders ne jurant que par leurs « droites », alors que de non moins « gros » birders ne jurent au contraire que par leurs « coudées »).
      J’ajouterais à ma réponse qu’il est plus aisé d’alterner entre regarder en haut ou en bas avec un coudé et que le trépied pour un coudé n’a probablement pas besoin d’être aussi grand que celui pour un droit. Pour mon droit, j’ai simulé que je regardais en l’air pour déterminer la grandeur de trépied et j’ai dû prendre le plus gros, car je suis grande. Avec un coudé, j’aurais probablement pu prendre un plus petit trépied et sauver ainsi sur le poids que je transporte. En tout cas, les deux options sont bonnes. 🙂

      • Yves Courtemanche

        Merci beaucoup pour vos bons conseils mais j’ai finalement pris un droit, le Nikon Monarch et je ne le regrette pas. Je l’ai depuis 10 jours !!!!!

  • Yves Courtemanche

    Bonsoir Mireille, j’aime beaucoup vos commentaires sur les télescopes. Vous m’avez donné le goût. Mon choix est fait, je prendrais le Nikon Monarch 82 ED-A. j’ai cependant un problème et j’ai besoin de votre aide. Moi je veux prendre un coudé mais la majorité des amis qui en ont me conseille de prendre un droit. Pouvez-vous me conseiller, j’ai bien confiance en vous. Merci à l’avance !!!

    • Bonjour Yves, j’ai aussi un droit. Je trouve qu’il est plus facile de trouver les oiseaux avec un droit, parce qu,on peut regarder directement dans le viseur, qui n’est pas loin de l’oculaire. Par contre, ceux que je connais qui ont un coudé me disent qu’après une courte adaptation, ça va très bien aussi. Les coudés sont populaires chez les constructeurs de télescopes, comme vous pouvez voir sur les images des télescopes de cette page. Je crois qu’ils permettent de ne pas avoir à ajuster le trépied aussi précisément qu’avec le droit et ils permettent aussi de faire voir l’image à des gens plus grands que vous sans changer l’ajustement du trépied et sans qu’ils aient à plier les genoux. J’allais écrire que ça favorise une position plus ergonomique, mais je n’en suis pas si sûre, étant donné que vous devez suppporter votre tête tandis que vous la gardez droite sur les télescopes droits. Je vais aussi demander l’avis de Hugues, qui a écrit l’article et qui possède un coudé. 🙂

      • Yves Courtemanche

        Merci beaucoup Mireille pour la réponse rapide et je vais attendre l’avis de Hugues. Je vous remercie encore énormément !!!!!

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